
Quelques mots sur La Glacerie...
de la
bouteillerie à la post cure !
La commune qui accueille le centre Beauregard,
post-cure pour malades alcooliques, est la commune qui a accueilli une verrerie
dés 1560 (La Glacerie faisait parti alors de Tourlaville) en provenance de Brix.
La spécificité est que cette verrerie, au delà du soufflage du verre, inventa la
technique du coulage. Elle fourni en glaces la palais de Versailles et finit ses
jours sous forme de ... bouteillerie !
Pour connaitre cette histoire vous pouvez cliquer sur
le blason de La Glacerie ci-contre : vous accéderez au site de la Commune.
Toutefois je me permet de reproduire ici le texte afin de l'illustrer avec des
reproductions de cartes postales anciennes.
La
Glacerie de Tourlaville dans l'histoire
Sources :" Autour de la glacerie de Tourlaville " d'Eugène BOIVIN ; "
Sur les traces de la Manufacture des Glaces " de Henriette LE PETIT
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vers 1550 :
création des premières verreries dans le Nord Cotentin, à Couville et à Brix
vers 1560 : une verrerie s'installe à Tourlaville, à l'extrêmité nord
de la forêt de Brix. Cet établissement, cité dans son journal par le sire de
Gouberville, appartient à la famille de BELLEVILLE qui la transmettra au
début du XVIIè siècle aux CAQUERAY, originaires de Haute-Normandie. On
rencontre, en effet, dans la région les matériaux nécessaires à la
fabrication du verre : bois pour le combustible, soude de varech ou de
fougère et sable ; la mer, proche, offre le moyen de transport le meilleur
de l'époque.

vers 1630 : le marché français du secteur verrier commence à être
envahi par les produits vénitiens. Pour y faire face, la royauté renouvelle
les privilèges des gentilhommes verriers.
1655 : Richard LUCAS de Néhou, successeur d'Antoine de CAQUERAY et
gentilhomme verrier lié au groupe des amis de COLBERT, obtient le privilège
de se livrer au travail du verre à Tourlaville. Il choisit le site désormais
appelé " la glacerie " et y bâtit notamment deux halles comprenant " deux
fourneaux servant l'un à faire du verre commun plat, et l'autre à faire des
glaces, verres et autres ouvrages de cristal ", un moulin à piler et une
forge à laver le sable. LUCAS de Néhou est, semble-t-il, le premier en
France à faire du verre blanc, dont on se sert pour garnir les fenêtres du
Val-de-Grâce, à Paris. En même temps, il met au point la fabrication des "
glaces à miroir ".

1665 : création à Paris, dans le faubourg Saint-Antoine, de la "
Manufacture Royale des Glaces à Miroirs "
1670 : devant les difficultés rencontrées par les ateliers parisiens,
l'établissement de Tourlaville est, sur la demande de COLBERT associé à la
Manufacture, tout en gardant une direction autonome. La fabrication est
alors décentralisée à Tourlaville qui se spécialise dans la confection de
glace soufflée et d'instruments d'optique, la cristallerie étant supprimée.
A Paris, sont maintenus les ateliers de douci et de poli et le magasin de
vente.
1675 : mort de Richard LUCAS de Néhou. Son neveu Guillaume LUCAS de
Bonval lui succède à Tourlaville ; le frère cadet de celui-ci, Louis LUCAS
de Néhou, prend la tête de la manufacture du faubourg Saint-Antoine.
1685 : la manufacture de Tourlaville fournit Versailles en glaces à
miroir de dimension commune. Quelques unes d'entre elles sont encore visible
dans la galerie des glaces du château.

1690 : Louis LUCAS de Néhou aboutit à faire des glaces coulées de
grandes dimensions sur une large échelle.
1692 : création de l'établissement de Saint-Gobain (Aisne), à
l'instigation de Louis LUCAS de Néhou. La technique de coulage y est
introduite alors que Tourlaville reste fidèle au procédé du soufflage.
1695 : la " Manufacture Royale des Glaces de France " obtient le
monopole de la fabrication des glaces : elle comprend les établissements de
Paris, Saint-Gobain et Tourlaville. Désormais, Saint-Gobain prend peu à peu
le pas sur Tourlaville où la production est arrêtée plusieurs fois, de 1702
à 1714 et de 1717 à 1720.
1721 : mort de Guillaume LUCAS de Bonval. Pendant vingt ans,
Tourlaville sera confiée à des directeurs médiocres.
1742 : David OURY, entré à la compagnie de Saint-Gobain en 1721, puis
contrôleur sous-directeur de cet établissement prend la direction de
Tourlaville. Il lui assure une période de prospérité de trente ans. Il
introduit le coulage à Tourlaville et fait construire une grande halle à
charbon. Devant la pénurie de bois de chauffe provoquée par les
défrichements continus, il utilise le charbon de terre, d'abord celui de
Littry (Calvados), puis la houille anglaise qu'il fait venir en grosses
quantités.
1758 : débarquement des anglais qui saccagent Cherbourg et mettent le
port à mal. La glacerie de Tourlaville échappe de peu à la destruction.
1758-1772 : L'activité de la glacerie reprend avec succès jusqu'au
départ de David OURY qui se retire à la " Roche du Chapt ". Cependant
l'établissement révèle des faiblesses : OURY et ses collaborateurs ne
s'entendent guère et, dès cette époque, les responsables de la manufacture
songent à abandonner les ateliers de Tourlaville. En outre, les achats de
charbon anglais, d'un coût élevé et grevé de taxes d'importation, reviennent
très cher.
1772-1789 : La glacerie connaît ses dernières années de prospérité,
malgré l'arrêt de coulage et le retour au procédé, désormais dépassé, du
soufflage. En 1777, le chiffre global des personnes employées à Tourlaville
est de 486, dont 349 ouvriers et en 1781, des terrains sont même acquis pour
étendre son domaine. Seul établissement industriel de Basse-Normandie avec
les mines de Littry, Tourlaville est cependant incapable de dépasser le
stade artisanal, contrairement à Saint-Gobain, qui, mieux situé et mieux
équipé, participe activement à la révolution industrielle de la fin du
XVIIIè siècle.

1792 : arrêt de la production et fermeture de la glacerie. an 6 :
Olympe OURY, fils de David, devient directeur de la glacerie pour une
période éphémère, puisqu'il est appelé en l'an 8 à Saint-Gobain dont il
deviendra le directeur en 1807. La fabrication des glaces est maintenant à
peu près délaissée et l'on se rabat sur la confection de verre à vitres.
1806 : nouvel arrêt de la production
vers 1820 : dernière tentative de faire revivre la fabrication des
glaces et construction d'un polissoir.
1823-1824 : décision d'abandon de l'établissement et transformation
de celui-ci en bouteillerie.

1834 : fermeture définitive et vente des bâtiments.
1901 : érection en commune d'une partie démembrée du territoire de
Tourlaville sous le nom de " LA GLACERIE ", suivie de la création d'un petit
musée.
1944 : un bombardement aérien anéantit les établissements subsistants
de l'ancienne glacerie et le village, avec son musée, et provoque la mort de
17 personnes.
Sources :
" Autour de la glacerie de Tourlaville " d'Eugène BOIVIN ;
" Sur les traces de la Manufacture des Glaces " de Henriette LE PETIT